Gérer nos émotions ou… Comment apprivoiser le tigre en nous ?

J’aime raconter l’histoire du « tigre qui veut rentrer dans la maison » à mes clients (petits ou grands) lorsque nous abordons le sujet de leurs émotions, de leurs ressentis en séance.

Souvent, lorsque je leur demande « Qu’est-ce que vous avez ressenti ? », « C’est quoi cette émotion que je lis sur votre visage (ou dans vos yeux, en ce moment) ? ». La réponse n’est pas toujours immédiate, parfois même, elle se résume à « Je ne sais pas ».

Pourtant, les émotions sont de magnifiques messagères si on accepte d’entrer un tant soit peu à l’intérieur de soi pour comprendre ce qui s’y passe.

Les émotions, surtout les émotions désagréables (Elles ne sont pas « négatives » car elles ont leur raison d’être !) sont vite balayées sous le tapis car elles font mal ou parce qu’elle nous obligeraient à nous confronter à nous-même, ce que nous n’avons jamais appris à faire (ou si peu…).

Lorsque nous ne les écoutons pas, il arrivent qu’elles nous envahissent au point de nous conduire à la déprime, à des compulsions, à des maladies dites « psycho-somatiques », voire à la dépression ou au « burn-out ».


Comme ce tigre qui, à force de gratter à la porte –parce qu’on ne l’écoute pas, parce qu’on en a peur et qu’on ne veut pas le laisser entrer– finit par défoncer la porte et saccager tout ce qui se trouve dans notre maison…

Si vous avez vu le film d’animation Vice-Versa, vous savez qu’il existe 5 émotions de base que nous partageons avec les animaux : La joie, la peur, la tristesse, la colère et le dégoût/mépris.
 Alors parlons de la colère, parce que c’est la plus facile à identifier de prime abord.

Elle se manifeste quand quelque chose ou quelqu’un ne tient pas compte de nos besoins physiques ou psychiques. Quand nous estimons que quelqu’un, dans son attitude ou ses propos, nous manque de respect. Quand nos valeurs, nos souhaits ne sont pas pris en compte, sont ignorés, méprisés ou moqués.

Les conséquences lorsque notre colère explose peuvent être dramatiques, dévastatrices : Rage, explosion de violence (verbale ou physique), déplacement de cette colère sur les autres.

Sauf que… Quand la « moutarde nous monte au nez », on n’en a pas conscience. Bien sur, on sait qu’on est en colère, mais on ne sait pas précisément pourquoi. Et de toute façon, il est trop tard… Ça pète.

Alors comment faire en sorte que cette colère qui monte s’apaise et s’atténue avant de nous envahir ?
Lorsqu’on la sent monter, il faut s’arrêter (de parler, d’agir, de tout). J’arrête ce que je fais et j’écoute/ressens/entends ce que c’est. Oui… je sais, pas facile.

S’écouter peut demander un peu de pratique, mais ça en vaut la peine. Une fois qu’on a dit « Pause ! », on va pouvoir entamer un dialogue intérieur tel que : « OK, là, il se passe quelque chose de désagréable en moi. J’accepte de ressentir cette émotion désagréable. Ensuite, je me demande : Que veut-elle me dire ? Que veut-elle de moi ? C’est quoi son message ?
Et… j’y réponds en prenant mon temps, en me posant.

Exemple : Un soir d’été, je rentrais du collège à vélo et un cycliste m’a dépassé. Lorsqu’il s’est rabattu devant moi, sa roue arrière a touché ma roue avant, me faisant perdre l’équilibre et tomber sur la route.
La voiture qui me suivait a pilé. Le conducteur en est sorti pour voir si j’allais bien. Par chance, un cabinet médical était à une dizaine de mètre de là et il m’y a accompagnée.
Lorsque le médecin m’a demandé les circonstances de ma chute, le conducteur a affirmé que j’étais tombée toute seule malgré mes propres explications.
Cela ma mise en colère, j’ai éclaté en sanglot, ce qui m’a décrédibilisée encore plus face à ces deux « grands ».

Des décennies plus tard, je me souviens de ce jour comme si c’était hier : c’était la première fois que je prenais conscience qu’on ne respectait pas ma parole, mon histoire et que « les adultes » croient à tort tout savoir, même quand ils n’ont rien vu.

Le message de ma colère : ma parole a été négligée et ce que je peux dire n’a aucune importance pour eux.

Si j’avais su comment écouter ma colère à cette époque là, j’aurais peut-être eu les mots justes pour recadrer ces deux adultes en leur disant calmement quelque chose du genre :
« Je comprends qu’à vos yeux je ne suis qu’une jeune ado écervelée. Malgré ce que vous pensez de moi, je vous demande de me croire car, de nous trois, je suis la seule à avoir vu ce qui s’est passé. »

Comprendre ses émotions permet d’éviter bien des drames, petits ou grands. Bientôt on parle de la peur ?

Alors, d’ici-là prenez soin de vous !

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